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Vous pensez connaître la galette des rois… jusqu’au jour où vous goûtez une galette dunkerquoise, ultra briochée, fondante et terriblement beurrée. Rien à voir avec la traditionnelle galette feuilletée à la frangipane. Ici, c’est comme une rencontre entre une brioche moelleuse et une tarte tropézienne parfumée au rhum. Mais pourquoi est-elle ainsi, si riche, si douce, si différente ?
À Dunkerque, quand on parle de galette des rois, on ne pense pas à la pâte feuilletée. La star, c’est une base de pâte briochée, bien levée, bien dorée, avec une mie tendre et légère. Visuellement, elle rappelle une couronne ou un gros disque brioché, parfois décoré de sucre perlé.
Ce choix n’est pas un hasard. Dans le Nord, la tradition de la brioche des rois est ancienne. La brioche, plus gourmande qu’une pâte feuilletée simple, permet d’absorber encore mieux… le beurre et la crème. Résultat : on obtient une galette généreuse, enveloppante, qui rassasie et réconforte en plein hiver.
Quand on la goûte, on pense tout de suite à une tarte tropézienne. La ressemblance est logique. Les deux mêlent brioche et crème riche. À Dunkerque, la garniture traditionnelle est une crème au beurre, à laquelle se sont ajoutées peu à peu d’autres touches pour la rendre plus légère en texture, mais toujours très beurrée en goût.
Certains artisans, comme à Malo, préparent aujourd’hui une crème dite « mousseline » en mariant une crème pâtissière et une crème au beurre montée. Cela donne une texture aérienne, presque mousseuse, qui se tient bien, mais fond dès la première bouchée. Le tout relevé d’un soupçon de rhum qui réchauffe le palais.
La galette dunkerquoise est franchement beurrée. Pas timide, pas légère, assumée. Historiquement, dans les régions froides et ventées comme la Flandre maritime, on mangeait riche pour tenir le coup durant l’hiver. Beurre, sucre, farine, œufs : ce sont des ingrédients nourrissants, parfaits pour les fêtes de janvier.
Le beurre apporte aussi cette sensation de douceur et de réconfort. Il donne du goût à la brioche, mais aussi du corps à la crème. Sans lui, la galette perdrait son identité. On pourrait presque dire que la galette dunkerquoise, c’est « un écrin de beurre dans une enveloppe de brioche ».
Si la galette dunkerquoise est si briochée, c’est grâce à une pâte riche en œufs et en beurre, pétrie longtemps et laissée à bien lever. Cette pâte enferme de l’air grâce à la levure. À la cuisson, ces bulles se dilatent. La mie devient alors moelleuse, filante et légère.
Autre détail important : le temps. On laisse la pâte reposer, parfois plusieurs heures. Ce repos développe les arômes et améliore la texture. À la sortie du four, on obtient une brioche souple, qui supporte très bien le poids généreux de la crème sans s’affaisser.
La note de rhum est devenue l’une des signatures de cette galette. Utilisé avec parcimonie, il relève la crème, apporte un parfum chaleureux et légèrement caramélisé. Cela casse la monotonie du sucré et donne un côté plus adulte, plus sophistiqué, à une pâtisserie qui semble d’abord enfantine.
Cette touche alcoolisée rappelle aussi une longue tradition pâtissière européenne. Depuis des siècles, rhum et autres alcools sont utilisés pour parfumer brioches, babas, kouglofs. Dunkerque ne fait que prolonger cet héritage, à sa manière.
Voici une version simplifiée pour comprendre concrètement pourquoi cette galette est si briochée et beurrée. Les quantités sont données pour une galette de 6 à 8 personnes.
Finalement, si la galette dunkerquoise est si briochée et beurrée, c’est parce qu’elle porte en elle l’âme du Nord. Généreuse, chaleureuse, un peu exubérante, elle ne cherche pas la légèreté à tout prix. Elle privilégie le partage, le confort, le plaisir simple d’un dessert riche.
Alors, la prochaine fois que vous couperez une part de galette dunkerquoise, vous saurez ce qui se cache derrière son moelleux et son goût beurré. Un peu d’histoire, beaucoup de savoir-faire… et surtout une vraie envie de faire plaisir à ceux qui la partagent autour de la table.